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Jean-Claude Andruet
Quand on est un passionné d’automobile, on ne présente pas Jean-Claude Andruet.

Mais pour les autres, les plus jeunes, les moins passionnés, comment le décrire après tous les articles que l’on peut trouver sur internet et tous les livres écrits sur lui ?
Acteur décisif de l’épopée Alpine. Jean-Claude Andruet, c’est : Le Monte Carlo, Lyon Charbonnières, Spa, le Mans… et tant d’autres lieux d’exploits.

Pilote d’exception ? Artiste ? Funambule ? Acrobate ? Passionné ? Equilibriste ? Rêveur ? Coéquipier ? Ami fidèle ? Créateur ? Concepteur ? Entrepreneur ? Éclectique ?…. C’est un peu tout ça Jean Claude… et plus encore.
Jean-Claude Andruet
Jean-Claude Andruet
Et pourtant quelle modestie, quelle vision des choses, quel sens de l’anticipation mais aussi que de soucis, que de déceptions. Malgré tout cela, l’enthousiasme et la passion l’emportent encore…au point qu’il a créé voilà une quinzaine d’années une société non pas pour construire des voitures conventionnelles mais… des voitures électriques.
Quelques un de ses amis de l’époque héroïque témoignent  :

"Biche"

De son vrai nom Michèle Petit. Elle fut longtemps le copilote attitré de Jean-Claude Andruet. Les coups de gueule étaient permanents, mais sur la route, le résultat était là. Après la victoire du Monte-Carlo 1973 et le record du Turini battu d'une trentaine de secondes, elle dit simplement, effarée, qu'elle n'aurait jamais cru qu'il fut possible de rouler aussi vite. Elle reprochait toujours à Andruet de conduire "à vue" sans tenir compte des notes et de s'énerver continuellement, mais elle fit presque toute sa carrière à ses cotés.

Jean-Claude Andruet
 
Ses amis les journalistes

Jean-Claude Andruet …

Sans aucun doute, le plus petit pilote - ou le plus grand jockey ? - de cette époque. Doué d'un style de pilotage et d'une minuscule taille parfaitement adaptés à l'Alpine, il en tira la quintessence, mieux peut-être qu'aucun autre pilote ne le fit jamais. Son plus bel exploit fut sans doute celui du Monte-Carlo 1973. Les Alpine 1800, toutes neuves, étaient prêtes à gagner, et Andruet domina le rallye presque de bout en bout.

Mais, peu avant la fin, une crevaison lui coûte trois minutes et la tête de la course. Il repart donc troisième, déchaîné, transcendé par la colère, et arrache sa gloire. A l'arrivée de la dernière spéciale, en nocturne comme le voulait la tradition de la 'nuit du Turini', Jean Todt, en tête avec Andersson, fait les comptes : Andruet doit, pour l'emporter, faire mieux que 15' 43".
C'est dur, c’est rapide, c'est un temps que de nombreux pilotes aimeraient pouvoir faire de jour. Et l'on attend que la petite Alpine troue la nuit.

Le temps passe, les concurrents aussi, et enfin six feux trouent les ténèbres ; le chronomètre compte, s'arrête à son passage... Verdict : 15'11" ! Andruet a gagné son Monte-Carlo avec une trentaine de secondes d'avance. Le record tiendra plusieurs années ; car même "Biche", sa copilote, n'aurait pas crû qu'il fut possible d'aller aussi vite en voiture...
Jean-Claude Andruet
Jean-Claude Andruet
Jean Todt

De tous les pilotes, Jean-Claude Andruet est un des plus fascinants.

A ses débuts, Jean-Claude Andruet pensait qu'un pilote digne de ce nom devait être capable de réaliser l'impossible. Il n'y avait pas de limite : il devait aller toujours plus vite. Un courage sans borne, allié à une extraordinaire volonté amenait Jean-Claude à reculer sans cesse les limites du possible. Au Rallye Neige et Glace 1969 où il pilotait une Berlinette Alpine officielle, il fut époustouflant. Survolté, il franchit la bosse d'un col enneigé à une telle allure que l'Alpine décolla et retomba à plus de 160 km/h dans la descente.

Son coéquipier Jean Todt, qui a pourtant navigué les plus grands rallymen du monde et pu observer toutes les facettes du talent, se souvient de cet épisode avec émotion :

 « En principe, dit-il, j'ai toujours compris ce que faisaient mes pilotes. Lorsque dans un virage, je ne comprenais plus, eh bien c'est que dans la seconde qui suivait on était dans le décor. Dans ce rallye Neige et Glace avec Andruet, le col formait une bosse en courbe droite, et nous l'avons franchie à une allure rigoureusement incompréhensible : je n'avais jamais vu cela auparavant, et je n'ai jamais revu cela depuis. C'était quasiment miraculeux. Mais le pire, c'est que c'était ainsi dans presque tous les virages. Pour la première fois de ma vie, j'avais peur. Une peur qui ne me quittait plus…. »

Un admirateur

Jean-Claude Andruet